Facebook, la profusion de l’information
24 décembre, 2007
De plus en plus de recruteurs trouvent des informations sur les candidats à l’aide des sites communautaires qui diffusent la vie de leurs membres sans protection.
Jusqu’où peut on aller pour s’informer sur les candidats ?
Rentre t-on vraiment dans leur vie privée, puisque les informations sont en libre accès ?
Voici une sélection d’articles du figaro qui a le mérite de parler du sujet:
Nouveau chouchou des internautes français, le site communautaire Facebook séduit la terre entière.
Impressionnant ! Les chiffres et statistiques concernant Facebook, le réseau social le plus chic du moment, n’ont pas fini d’épater les blasés du monde de l’internet. Affichées sur le site, ces statistiques annoncent plus de 55 millions de membres actifs. La fièvre des inscriptions se propage dans le monde entier en un temps record : 250 000 nouveaux inscrits chaque jour depuis le début de l’année. De la Chine au Canada, de la Turquie au Chili en passant par l’Egypte, le monde entier rallie Facebook.
La France est, bien évidemment, elle aussi touchée par l’épidémie. Le compteur des inscriptions tourne à plein. Le 23 novembre, à 10 h 23, on pouvait chercher ses amis parmi quelque 583 198 habitants du pays. Une minute plus tard, six nouveaux venus affichaient leur photo et leur profil : une fiche de renseignements où l’on révèle (ou pas) son âge, son lieu de résidence, ses goûts, ses opinions politiques, ses préférences sexuelles, sa religion… Bref, un trombinoscope à l’échelle planétaire où il faut aujourd’hui absolument s’exhiber sous peine de passer pour le dernier des ringards…
D’abord colonisé par les étudiants, le site est devenu en quelques mois la coqueluche des 25-40 ans. Les plus de 25 ans représentent le groupe démographique en plus forte augmentation. Si les blagues de potaches sont toujours en bonne place, le contenu se diversifie. Le site est de plus en plus utilisé pour développer son réseau professionnel.
Les femmes y seraient majoritaires. D’après le bloggeur Paul Francis (qui a utilisé Insights, le nouvel outil de statistiques destiné aux annonceurs proposé par Facebook), elles représentent près de 64 % des utilisateurs. L’une des clés de cet incroyable succès réside dans la richesse de son contenu. Ouvert aux développeurs, le site propose des milliers d’applications permettant de se divertir, d’échanger et d’interagir avec son réseau d’amis. Quizz, dessins, cadeaux ou « pots » virtuels que l’on s’échange, les développeurs laissent cours à leur créativité pour amuser et surprendre les « Facebookiens ».
Que fait-on sur Facebook ?
On cherche d’abord ses amis : amis d’enfance, d’école, de fac, collègues de travail, etc. Dans les milliers de groupes de discussion présents sur le site, on philosophe, on s’amuse… On se moque (de la mode des pantalons coupe « slim », par exemple), on drague (« Veux-tu devenir mon amie, ta photo est bien jolie ? »), on raconte sa vie, on se met en scène, on cultive ses relations professionnelles, on discute comme au bistrot ou devant la machine à café, de tout et de rien… Sur Facebook, plus on s’expose, plus on est populaire. C’est d’ailleurs l’échange de photos qui demeure la principale occupation des internautes (14 millions de photos téléchargées chaque jour). L’aspect « voyeur » du site apparaît comme l’une des raisons de son succès. On butine d’un profil à l’autre, et l’on fait son miel des histoires de ses amis (l’application « mini-feed », par exemple, permet de prendre connaissance des derniers événements concernant l’utilisateur et ses amis…). On s’attarde sur les fiches des amis de ses amis, qui ont eux-mêmes des amis aux quatre coins de la planète. Ce nouvel endroit à la mode est parfait pour accroître en un temps record son « capital social ». Mais aussi pour faire de la politique et militer. On croise au hasard les centristes de Sciences-Po Paris, un collectif contre la grève des transports, la fédération numérique de l’UMP, des militants écologistes… Les mêmes personnes que dans la vie réelle, finalement.
Respect de la vie privée
Pour limiter l’accès à vos informations, il convient de prendre quelques précautions. En haut à droite de la page d’accueil de Facebook se trouve le lien vers l’espace « Privacy ». C’est la porte d’entrée vers différents outils de configuration.
Profile : permet de paramétrer les possibilités d’accès à votre page profil, à vos informations personnelles ainsi qu’aux applications au sein des réseaux auxquels vous appartenez.
Search : permet de configurer les informations auxquelles auront accès les personnes qui utilisent le moteur de recherche du site.
News Feed & Mini-Feed : cette section vous permet de choisir le type d’informations que vous souhaitez afficher à vos contacts dans le « news feed ».
Poke, Message and Friend Request Settings : permet de contrôler les informations personnelles accessibles aux personnes avec qui vous conversez ou échangez.
Applications : permet de gérer ses applications et de choisir les informations que vous souhaitez partager via ces applications.
Block People : permet de bloquer complètement l’accès à votre profil à certaines personnes.
Limited Profile : permet d’établir un profil limité qui sera proposé aux personnes que vous choisissez. Par exemple, un profil professionnel ne donnera accès qu’à une partie de vos informations à vos contacts professionnels.
Un besoin de contacts
Alors que l’on assiste à une désagrégation du tissu social avec l’éclatement des familles ou la disparition des bars et autres lieux de rencontres traditionnels, le réseau social recrée de manière virtuelle certains liens, bouleversant nos habitudes de communication. Passé la mode du moment (« Quoi ! Tu n’es pas encore sur Facebook ? » ou « Myspace est trop ringard, je ne jure que par Virb »), il témoigne d’une vraie mutation de la société et du besoin insatiable de nos contemporains d’entrer en contact avec leurs semblables. A ce titre, le succès du site de rencontres Meetic (53 712 célibataires connectés au même moment – plus de 28,5 millions de profils enregistrés dans 95 pays depuis son lancement en janvier 2002) s’avère révélateur.
Près de la moitié des internautes français se serait rendue sur un site de réseau social en juillet 2007 (13,2 millions de visiteurs). Selon Comscore, les internautes européens passent désormais 3 heures par mois sur ce type de sites (2 heures dans notre pays). Les utilisateurs intensifs peuvent rester connectés jusqu’à 22 heures par mois, avec plus de 71 visites. Attention toutefois à ne pas se laisser complètement submerger par ces amis virtuels et à ne pas opérer une confusion avec la vie réelle. A ce titre, les parents se doivent de demeurer en contact avec les nouvelles technologies pour pouvoir modérer l’activité de leurs enfants avec discernement. La meilleure façon reste peut-être de s’inscrire à leur tour…
Dossier réalisé par Pascal Grandmaison, François Delétraz, Carl Meeus et Marie Fringand
21/12/2007






Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed